C’est mieux MAINTENANT!

Ce matin, en enfilant mes mini-chaussettes je me suis dit que quand même:

C’est vachement mieux maintenant.

Enfin globalement, je trouve que ceux qui trouvent que c’était mieux avant, bin c’est surtout eux, qui étaient mieux avant. Enfin qu’ils pensent! Parce qu’un vieux con, c’est souvent un jeune con qui a vieilli. J’ai découvert ça en écoutant une de mes anciennes collègues répéter sans cesse ses vieilles blagues stéréotypées en boucle. C’est là que j’ai compris qu’elle allait juste faire ça toute sa vie & qu’un jour, le temps passant, ça deviendrait des blagues de vieilles connes. De mon côté, et je ne saurais l’expliquer (mon ami Nac’imagine m’avait expliqué un truc à base de niveau de ton taux de dopamine et de niveau de production d’endorphine ou chai pas trop quoi) je n’arrive pas à penser que c’est la catastrophe. Bien sûr je sais ce qui se passe. Je vois bien qu’un tas de trucs sont en train de s’écrouler. Mais je préfère regarder le cours de l’histoire et me dire que de tout temps, c’est de cette façon que les choses se sont déroulées & ont avancé, par à-coups.  Je crois très fort à cette carte postale que je vendais dans le Magasin de Mots & qui dit:

“Nous sommes le Moyen-âge du futur”

Je crois que c’est le cas. Je ne suis pas d’une nature très patiente. & je craignais un peu de ne pas voir le monde changer. Pour ça, je suis maintenant tranquille. En tout cas pour la partie écroulement, je peux dire que j’aurai vu le sens que ça prend. & pour la suite, je ne sais pas si j’aurai la chance d’en sentir les frémissements (même si de mon point de vue c’est déjà le cas, même si c’est un frémissement équivalent au mouvement du vent dans les feuilles pour le moment). Mais je sais que nos enfants – ma fille – feront les choses autrement. Ils le font déjà. Je ne veux pas leur mettre dans les bras tout ce qu’on n’a pas fait pas individuellement ou par lâcheté. Je les regarde vivre & grandir, je les écoute rire et je vois bien qu’ils sont biens. Qu’ils dessinent autre chose. De plus grand, de plus tolérant. De plus,

arc-en-ciel

& plus en noir & blanc.

Alors je te redis que tu n’as aucune obligation de me lire. Encore moins d’être d’accord avec moi. Ce que je te propose c’est un peu de “ça va bien” dans le grand chœur des “On va tous crever dans d’atroces souffrances, ou pire vivre dans une sorte d’indifférence“. Certains propos dans ce post pourraient choquer les plus déprimés & énerver les cyniques qui croient-qu’ils-ont-raison-puisqu’ils-voient-la-vie-comme-des-cons. Pour te situer l’action je me dois aussi de préciser que je suis née en 1978.

Téléphone à cadran, radiocassette, cassettes vidéo,
porno sur papier glacé collé & épaulettes rembourrées en lamé.

Des années 80 je n’ai rien aimé. Ni la mode, ni la musique ni comment je me sentais. Ces trucs qui sont mieux maintenant, sont parfois évident.  Alors je trouve que ça valait le coup de prendre le temps de m’asseoir pour les lister. C’est ce que j’ai fait. [Saupoudrée de ses onomatopées comme si on avait 5 ans, parce que c’est rigolo et que ça suffit comme raison].

Voici la liste des 18 trucs qui sont mieux maintenant:

-Les mini-chaussettes

-Les coquelicots

-La conscience féministe

-Le végétarisme

-L’argent

-Les orgasmes

-Les règles

-Le mariage

-Les relations Hommes/femmes

-L’essence plus cher

-La lecture

-La conduite

-Les voyages 

-Regarder des séries.

-Notre peau

-Nos sous-vêtements

-Les réunions

-NOUS

-Les mini-chaussettes. Quand j’étais au collège, au siècle dernier (littéralement) c’était la mode des baskets en tissu. Les supergas. C’était aussi la mode des mocassins. & à cette époque-là,  être à la mode ça comptait beaucoup pour moi. Seulement ça n’était pas encore la mode des chaussettes rigolotes qu’on peut faire dépasser. (Enfin si, c’était la mode des chaussettes Achille à 75 francs la paire (12 euros environ). On les payait cher, mais on ne les montrait pas. ET du coup c’était compliqué parce que les mini-chaussettes n’existaient pas. On pouvait toujours mettre nos chaussettes reboulées (ouais c’est comme ça qu’on disait, pour dire qu’on retournait la cheville la cheville de la chaussette sur le coup de pied) mais ça n’était pas confortable et ça se voyait. Et si on n’en mettait pas, et bin assez rapidement on puait des pieds. Alors franchement on peut se l’avouer les mini-chaussettes, c’est un grand progrès pour notre style, notre odorat et pour nos pieds.

-Les coquelicots. Avant qu’on ne prenne conscience qu’il y avait urgence à arrêter les conneries, on foutait des pesticides partout. Enfin mes parents soixante-huitards patentés m’ont toujours parlé de ce qu’on qualifie maintenant de « jardin biologique », mais qui n’est que la façon normale de jardiner. Enfin ça devrait. Mais depuis quelques années on voit arriver des pratiques qui m’enchantent & me réjouissent les yeux. Comme le fauchage tardif ou le fait de laisser pousser les coquelicots un peu partout. ET les coquelicots, ça pousse aussi parfois dans des endroits pas très beaux. ET tout de suite, un coquelicot, ça rend le monde autour de lui plus brillant.

-La conscience féministe. Franchement y pas photo. Il suffit de regarder les séries des années 2000 pour se rendre compte du bon en avant qu’on a fait. Il suffit de lire Mona Chollet, d’écouter les Couilles sur la table et de regarder le journal télévisé pour se dire qu’on a quand même vachement changé. Je n’ai pas dit que c’était gagné, j’ai juste dit qu’on revient de loin & qu’on a bien évoluées.

Le végétarisme. Quand on a décidé d’arrêter de manger de la viande avec mon amie au lycée, on avait pris conscience d’un certain nombre de trucs mais on se gardait à peu près d’en parler. C’était utopique d’imaginer que les choses changeraient. Déjà parce que ma mère qui avait été une végétarienne chiante (de son propre aveu), m’avait autorisé à arrêter la viande (j’avais 15 ans) mais elle m’a bien spécifié que c’était à condition que je ne les fasse pas chier. Elle est mon père faisait partie de ces végétariens relous qui font la moral aux autres. Elle en était revenue et par chance m’a prévenue de ne pas tomber dans ce travers. Avec mon amie Fred, on se disait donc que si les gens ralentissaient leur consommation de viande et bien la production suivrait. On déplorait aussi le manque de propositions que ce soit au restaurant ou dans les rayons des supermarchés. Un des plus beaux jours de ma vie de végétarienne, c’est quand ils ont sorti des raviolis en boites aux légumes. Pour le reste, j’ai mangé beaucoup d’omelettes. & assez rapidement j’ai arrêté de dire que je ne mangeais pas de viande, lassée de devoir me justifier et d’être soupçonnée d’en manger en cachette. Depuis ça va mieux. J’ai fait un plancha ce week-end et le rayon de produits végétaux est une dinguerie en comparaison de ce que je trouvais avant dans les rayons. Les vegans se tapent toutes les remarques à la con, du coup quand t’es végétarienne tu passes presque pour un être doué d’intelligence. (Mais Non, Martine tu n’es pas « végétarienne », parce que tu manges très peu de viande, désolée).

-L’argent. Pas ma façon de ne pas le gérer, ça ch’te rassure on a encore une marge de progrès. NON mais la façon de payer. Le paiement sans contact, qui permet d’oublier son code, avoue, c’est quand même le pied.

-Les orgasmes. (Attention paragraphe hétéro centré) Bah déjà on a arrêté de croire qu’on pouvait être coincée du vagin ou qu’on était des mauvais coups pour comprendre qu’il y avait surtout des mecs qui ne se préoccupaient pas tellement de nous. Ensuite on a découvert la forme de notre clitoris. On n’en a donc fini avec cette question cruciale « T’es plutôt clitoridienne ou vaginale? » qu’on se posait en buvant du vin blanc et en répondant à des tests idiots dans des magazines normatifs (ouais, on n’avait pas encore arrêté à cette époque-là). Ensuite, on a enfin rencontré des mecs qui se préoccupaient de notre plaisir autant que du leur. Voir dont le plaisir dépend du nôtre. Bref de ce côté-là aussi on a bien, bien progressé.  

-Nos amitiés. Avant (à 25 ans, dans mon cas) voir les amis consistait à se faire une base de données des trucs à critiquer. On passait des soirées, puis ensuite on s’appelait pour « dire du mal ». Du mal des amies, Du mal des copines, Du mal des connaissances de connaissances, Du mal des collègues. & ça nous faisait rigoler de dire qu’on en avait fait une activité à temps complet. On avait une vie sentimentale, qu’on pourrait plus ou moins qualifier de « merde ». & je crois que ça nous rassurait d’aller chercher la merde chez les autres pour voir qu’on n’était pas seule dans cette soupe marronnasse. Bref, on ne se respectait pas tellement, du coup ça se reflétait sur ce qu’on disait des gens dont on s’entourait. Mais ensuite on a cheminé. On a décidé d’ajouter quelques grammes de justesse. & ça a suffit à tout changer. On a perdu ces amitiés. On a décidé d’en laisser de côté quand elle ne nous faisait clairement pas grandir ni évoluer. & pour chaque « amie » tombée, une ou un autre s’est révélée. Maintenant, on passe de bonnes soirées. On rigole, on rigole. Quand nos amies vont bien on s’en réjouit et quand elles rencontrent des difficultés on a de la peine pour elles, tout en ayant conscience qu’on ne peut rien faire d’autre que les écouter. Ensuite chacune rentre chez soi. & on se retrouve & on recommence à rigoler la prochaine fois qu’on se voit. En tout cas,  pour moi c’est comme ça que doit se passer désormais.

-Les règles. Avoir ses règles c’est la merde. & maintenant on a le droit de l’avouer. Déjà qu’on les a. On n’est plus obligée de se cacher. De faire ça en mode discret. & ensuite OUI quand on va les avoir on a envie de tuer quelqu’un et le mois suivant, envie de pleurer juste en regardant un autre être humain qui a l’air en difficulté. A la phrase « Tu vas avoir tes règles ou quoi ? », on a le droit de répondre « OUI connard ça fait un mal de chien tu ne pourrais pas supporter  alors que moi je continue à bosser & c’est grâce à ça qu’on perpétue l’humanité » (même si parfois face à de tels spécimens on peut se demander si c’est une bonne idée). ON sait maintenant qu’il y a des produits toxiques dans les tampons et que si on peut, il vaut mieux éviter. Les culottes menstruelles ont été inventées (bien que je n’ai pas testé à moitié convaincue de leur efficacité?). On ne pense plus que c’est normal d’avoir mal. On sait qu’il y a une maladie qui s’appelle Endométriose qui provoque des douleurs atroces & on commence même à diagnostiquer cette maladie beaucoup plus rapidement alors que certaines de nos consœurs ont passé des dizaines d’années dans la souffrance sans qu’on ne tienne compte de ce qu’elles disaient.

-Le mariage. On peut tous se marier. Ça ne veut pas dire qu’on veut tous le faire. Ça veut juste dire que tout le monde a le droit de se poser la question et d’avoir un avis sur l’idée. & ça noudidiou, c’est un PUTAIN de progrès.

-Les relations hommes/femmes. On a arrêté de parler de « crime passionnel » pour appeler ça « féminicide » (même si mon correcteur d’orthographe n’a pas encore intégré ce mot & ça c’est déjà une preuve qu’on arrive à un changement de mentalité. Encore une fois, ça ne veut pas dire que le taff est fait. Mais ça veut dire qu’on appelle ça autrement, parce qu’on s’est rendu compte qu’il y avait un problème à voir et à dire les choses comme ça. On réfléchit et on se dit qu’il vaudrait mieux arrêter de dire « elle s’est FAITE violée ». & que plutôt que d’éduquer nos filles à se protéger, il vaudrait mieux éduquer les garçons à ne pas agresser. On ne considère plus (ou moins) que les femmes qui dénoncent une agression d’un homme célèbre « essayent de se faire mousser ». & on les écoute raconter la morgue de ces hommes que souvent tout un système protégeait.

-L’essence est enfin plus chère. Sinon qu’est-ce qui nous aurait fait développer d’autres formes de motricité ? Visiblement pas la conscience que c’est une énergie fossile et qu’il faudrait arrêter de l’épuiser.

-La lecture. On lit. On lit plus que jamais. On lit partout tout le temps sur un tas de support différents. Les jeunes lisent quoi qu’on en dise. On peut avoir les livres qu’on veut, rapidement (Oui, on peut discuter du progrès que représente Amazon et avoir un avis tout à fait différent). On peut commander des livres en anglais. On peut retrouver ce vieil opus dont on a entendu parler et le faire venir d’à peu près n’ importe où dans le monde. On peut avoir accès à tous les textes qu’on veut. On peut lire des nanarderies ; & s’en foutre de ce que les gens vont en penser. Bref. On lit & ça c’est toujours une bonne nouvelle pour l’humanité.

-La conduite. On ne fume plus en bagnole et la voiture te dit quand changer de vitesse. & franchement, si on m’avait dit qu’un jour ça existerait quand j’ai passé mon permis et que je ne comprenais pas ce que je devais entendre quand mon moniteur me disait « d’écouter mon moteur », j’aurais été trop contente de savoir qu’un jour quelqu’un l’inventerait. & qu’à ce moment-là, j’aurais suffisamment conduit pour ne plus avoir besoin que ça existe mais que sûrement ça servirait à d’autres.

-Les voyages. Déjà parce qu’on a des valises à roulettes. & puis aussi parce qu’il y a des vols pas chers pour voyager partout dans le monde. Enfin moins cher que quand c’était un privilège de voir le monde. (On peut toujours en discuter et je sais bien que ces compagnies ne sont pas des modèles d’intégrité mais que celle qui n’en n’a jamais profité pour découvrir la Suède ou elle n’aurait jamais pu aller me jette le premier caillou). 

-Regarder des séries. Bah ouais. Parce que tu te souviens toi comment c’était? Déjà les dessins animés c’était le bordel. On n’a pas vu les Dragon Ball Z dans l’ordre et on ne calait rien aux Chevaliers du zodiaque et pour cause c’était diffusé n’importe comment et dans n’importe quel ordre. Ensuite on a regardé des séries d’ado comme Parker Lewis ne perd jamais, Beverly Hills mais t’avais intérêt à être collée devant ton écran à l’heure dite sinon bin, tu la ratais. Maintenant tu fais pause, tu vas te faire chauffer de l’eau pour un thé & ta série t’a attendu sagement, t’as plus qu’à reprendre où t’en était. ET surtout on peut regarder tous les épisodes comme on veut c’est à nous de décider. & puis on a aussi beaucoup évolué en terme de qualité. Le pied! 

-Notre peau.  Celle des autres. Alors non on n’a pas trouvé la crème miracle qui nous efface les traces de l’âge (quelle connerie! On ferait mieux de travailler à ce qu’elles soient jolies). Par contre & même si c’est encore à la marge on commence à trouver des sparadraps, des collants et des fonds de teint adaptés à toutes les couleurs de peau. & bah putain, il aura fallu le temps. Heureusement que l’argent est roi et que les industriels ne veulent rien négliger quand il s’agit de se faire de la maille. Du coup, ils se sont rendus compte qu’il y avait tout un pan de la population qui serait ravi de voir qu’on n’arrête de considérer que “beige” et la couleur que tout le monde doit porter. 

– Nos sous-vêtements . Bah ouais. Depuis le confinement on a bien progressé. Fini les seins en forme de pommes ou rien. Fini les marques qui font mal incrustées dans la peau à cause de sous-vêtements qu’on rêve d’enlever les soirs à peine arrivées. & d’ailleurs, c’est la première chose qu’on faisait quand on rentrait. Vive les brassières sans armature. Vive les amoureux/ses qui s’en foutent et qui sont contents du moment qu’on est bien dedans. Vive nous qui ne nous laissons plus avoir par des normes d’apparence corporelle, totalement faussées.  

-Les réunions. On va vite. On a un créneau imparti. A la fin, on ferme la fenêtre sur son écran et on reprend son travail. Ou alors on va faire autre chose mais on n’a pas deux heures ou deux jours de trajets. On peut éplucher ses patates si on est suffisamment discrète (moi je me fais gauler, mais bon l’avantage quand t’es dans une entreprise de gens hors-norme, c’est que ça fait juste rigoler les autres). & surtout maintenant souvent elles ont une utilité. & ça change des grands messes où on nous posait des questions, alors que les choses étaient déjà décidées. 

-NOUS. Bah ouais compte tenu de tout ce qu’on vient de se dire avant, forcément on peut dire qu’on est drôlement mieux, MAINTENANT, nan?!! 

3 réflexions au sujet de “C’est mieux MAINTENANT!”

  1. Je rattrape le temps perdu et relis tout de toi. Tes Mails et tes blogs plus anciens , j’ai pris soin de les archiver. Quel bonheur de lire ce que je ressens jusqu’au fond de mes tripes dans la moindre parcelle de mon âme de femme. Merci ma fée ! P.S. Pour l’avion attention à l’empreinte carbone ! Bisous doux ‍♀️

  2. Tout pareil.
    Et quel bonheur d’avoir découvert d’autres personnes dans cet état d’esprit…
    Je m’y sentais si seule, que maintenant ma porte est ouverte Même si j’ai qq années de plus, on s’en fout !

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